le jeûne selon la Tradition Chrétienne

Les croyances originelles

A l’origine, nos ancêtres ont connu la faim, conséquence de contraintes naturelles (disettes ou famines). La situation était subie et mal vécue. Progressivement on est passé d’une situation de pénurie subie à celle de jeûne volontaire choisi par convictions religieuses : l’homme a pris conscience des bénéfices du jeûne pour établir des liens privilégiés avec le divin. D’un point de vue biologique, l’homme connait les nourritures qui ne sont pas comestibles ou digestes. Inversement, il a aussi des croyances dans les vertus (et notamment les vertus purificatrices) que lui confèrent certains aliments. De cette croyance, le pas à la diète et de la diète au jeûne complet est vite franchi. L’homme jeûnerait donc persuadé qu’il pourra se protéger, se préparer à un événement décisif ou se purifier.

 

En résumé, l’origine du jeûne remonte à une recherche de santé au sens large. Par le jeûne, santé et Salut ne font qu’un.  Le jeûne est alors pratiqué avant ou après un grand événement, mais pas forcément par n’importe qui. Le médecin ou le guérisseur se mettra à jeûner pour guérir son patient, avant de lui administrer sa potion magique ou d’accomplir le geste thérapeutique. Les guerriers jeûnent avant d’affronter leurs adversaires (2Chr 20,3). 

 

 

 

Le jeûne dans l'Ancien Testament

L’Ancien et le Nouveau Testament sont riches en témoignages de jeûne : Esther jeûne sans boire ni manger « durant 3 jours » en compagnie de ses semblables afin de sauver la vie des Hébreux (Est 4,3ss). Paul jeûne les 3 jours qui suivent sa rencontre avec le Christ (Ac 9,9).

 

L’idée sous-jacente est toujours la même : le jeûne procure des forces supplémentaires, surhumaines, des visions, des rêves, ce qui correspond tout à fait à une réalité. Les grandes figures bibliques Moïse (Ex 34,28), Elie (1R 19,8), Daniel (Dn9,3) jeûnaient avant de se tourner vers le Seigneur en signe d’humilité ; Jésus jeûne 40 jours entre son baptême et le début de sa mission (Mc 1,12-13).

 

Le jeûne était toujours le signe extérieur et visible d’une émotion cachée et profonde, accompagnée de rites de deuils. On déchirait ses vêtements (1R21,27), on se couchait sur la cendre (Es 58,5), on se lamentait (2S 1,12), on se mutilait par incision (Jr 16,6), on se coupait les cheveux (Mi 1,16) ou on s’abstenait de se laver et de se parfumer (2S 12,20). 

 

Ces formes extrêmes du jeûne tendent à disparaître avec le monde romain mais la tradition ne se perd pas grâce aux Pères de l’Église qui rapidement développent une théologie du jeûne à partir du péché originel : le jeûne est une nécessité pour le chrétien à cause de sa situation d’homme déchu. À la lumière de cette chute morale, Saint Grégoire de Nysse (+395) avance l’argument selon lequel l’homme en jeûnant exprimait le respect face à la création et l’obéissance à Dieu. En s’appropriant le fruit défendu, Adam en quelque sorte s’était dérobé de son devoir de jeûne originaire. Puisque l’homme a jeûné au paradis, il n’a aucune raison de ne plus le faire après la chute, le jeûne étant une activité ramenant l’homme précisément à un état proche du paradis perdu.

 

 

Prochaine retraite jeûne et prière

Retraite se déroulant  chez les Bénédictines de Martigné du 18 au 25 mars 2018

 

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jeanchristophenormand@gmail.com