Jeûner aujourd'hui : pourquoi ?

Et si c'était un besoin vital ?

Quel sens donner à une démarche de jeûne dans la société d'abondance et de satiété que nous  connaissons en Europe occidentale ?

 

Le jeûne est une pratique qui s'est perdue. Mais est-il définitivement enterré avec l'avènement de la société de consommation ? En réalité, il répond à un besoin naturel et essentiel de tout organisme vivant qui connaît un processus cyclique immuable de genèse, croissance, vieillissement et mort. Notre corps, tout comme notre esprit, a besoin d'un temps de repos. Si nous en comprenons le sens général, nous en avons une idée très réductrice. Nous percevons bien la nécessité du repos dans un environnement souvent stressant pour l'organisme mais il est malheureusement souvent détourné de son objet car mal respecté (les « vacances » sont souvent synonymes d'excès alimentaires). 

 

Le jeûne est une réponse globale au besoin de repos total de notre être. Il est aussi la traduction d'un désir profond de changement qui exige un sursaut de volonté individuelle pour dépasser les craintes et les freins associés à une démarche de privation volontaire de nourriture.

 

 

La fécondité d'un jeûne de longue durée

Vivre un jeûne de 7 jours, c'est prendre un chemin original pour sonder l’état de notre vie et de notre corps. Nous faisons l'expérience que le corps, lors d'une période de jeûne intelligemment menée non seulement peut vivre, mais, mieux encore, qu'il se revitalise. Nous touchons alors à ce que nous avons de plus précieux en nous : la vie.  Parallèlement, nous retrouvons une clarté d'esprit favorisant le recentrage sur l'essentiel, la réconciliation avec soi-même et les autres et la guérison de nos « maux intérieurs ».

 

Cette disposition nous configure favorablement pour penser de nouveaux projets ou pour redonner du souffle à ce que nous avons entrepris. C'est ainsi que la mise au repos de notre être au sens le plus global qui soit, est source d'une fécondité nouvelle pour nous et pour ceux qui nous entourent.

 

Mais on ne triche pas avec le jeûne car il est aussi un puissant révélateur de notre état intérieur. Plus la « maison » est délabrée plus l’expérience se révèle difficile, notre métabolisme devant accomplir un travail de nettoyage de nos toxines plus douloureux. Nous faisons l'expérience en y entrant d'une épreuve initiatrice : l'acidose. Elle se caractérise par des maux de tête, des nausées, parfois des vertiges. Elle est toujours passagère et au bout de 48 à 72heures, le jeûneur passe le cap.

 

Le jeûne comme démarche anthropologique

En pratiquant le jeûne nous renouons avec une tradition multiséculaire et nous reproduisons un processus naturel observable chez tout le vivant : nous prenons une posture de retrait en nous-mêmes pour nous donner un espace de repos permettant de se « poser » et de trouver les nouvelles réponses dont nous avons besoin pour faire face aux défis qui sont le propre de la condition humaine.

 

Le jeûne est ainsi une démarche à caractère proprement anthropologique, c'est-à-dire qu'il conduit vers un chemin de questionnement profond : qu'est-ce que l'homme ? Quel est le sens de sa vie ? D'où vient-il et vers quel destin s'achemine-t-il ? Il rejoint ainsi cette tradition philosophique antique (la maïeutique socratique) qui est « l’art d'accoucher l'esprit à la connaissance ».

 

Prochaine retraite jeûne et prière

Retraite se déroulant  chez les Bénédictines de Martigné du 18 au 25 mars 2018

 

Informations et inscriptions par e-mail:

jeanchristophenormand@gmail.com